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La fraise tatouée sur le cœur !

Alors que les fraises du Québec sont en abondance, vous êtes peut-être allé visiter l’un des 500 producteurs  du Québec pour faire le plein de délicieux petits fruits. Derrière chaque champ, chaque casseau, se trouvent de grands travailleurs pour qui la culture de la fraise, malgré son lot de défis, s’avère une véritable passion.  Ils ont la fraise tatouée sur le cœur.

David Lemire, la quête de la fraise parfaite

 

C’est par un heureux hasard que David Lemire s’est lancé dans la culture de la fraise. Un de ses amis, qui travaillait dans une ferme agricole à Trois-Rivières, a sollicité son aide pour des travaux. En 2004, les deux collègues ont eu l’opportunité de racheter la ferme horticole Gagnon. « On était jeunes et probablement naïfs. On se disait : “Les fraises, ça pousse tout seul ça !” » se rappelle David avec un rire dans la voix.

Depuis, celui qui est devenu le président de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec, a appris grandement sur ce petit fruit et sur ce dur labeur : « Il ne faut pas se le cacher, c’est un métier très difficile. On doit être ici 7 jours sur 7, être le meilleur dans notre domaine. On a de la compétition de la Californie sur les tablettes. On doit être performant et avoir le meilleur goût », explique-t-il. David est très confiant. Les fraises du Québec sont les meilleures. « Elles sont goûteuses et juteuses. Les variétés cultivées ici sont sélectionnées pour leur fraîcheur », ajoute le producteur passionné.

Quelques années seulement après avoir acquis sa ferme, David dût faire face à un autre gros défi de la production de fraises : le gel tardif. « On a perdu pratiquement la moitié de notre production. C’est très difficile dans ces cas-là comme toutes les dépenses ont déjà été engagées. Il ne reste que la récolte à effectuer.»

Au lieu de le décourager, ces épreuves et difficultés d’exploitation stimulent l’entrepreneur. Il se fait un devoir de s’informer sur les dernières techniques de production en assistant à des congrès en Europe et en Amérique du Nord ou en suivant à distance les avancées qui y sont présentées. « Quand je suis arrivée  dans cette industrie, il y a une douzaine d’années, il ne se produisait de la fraise que trois semaines par année, alors qu’aujourd’hui on en récolte de juin à octobre. », mentionne David .

« Les fraises hâtives ont été plantées au mois d’août avec des plants en mottes. Après on met des bâches là-dessus. Ces fraises vont faire notre primeur. Il y a également les fraises d’été, celles que tout le monde connaît, sans plastique, qui se cueillent directement au sol. C’est la fraise que l’on retrouve à la mi-saison. Puis, il y a les fraises d’automne », explique le producteur.

Chaque catégorie requiert des techniques de culture différentes et des variétés de plants différents . « On a toujours dans la tête qu’on est capable de s’améliorer. Des fois, on n’en dort pas la nuit. On se réveille avec des idées sur les techniques et les variétés. La culture de la fraise, c’est un défi le fun à relever ! »

Aujourd’hui, David et sa conjointe Francine mènent de front la production à la ferme horticole Gagnon. Le matin très tôt, alors qu’il a la tête reposée, David fait le tour de ses champs. Il est fier de voir qu’il a pu développer toute cette culture et en quelques années.

Josiane Cormier, la fraise dans le sang

Les fraises ont toujours fait partie de la vie de Josiane Cormier. Toute jeune, elle rêvait d’adopter un cheval, « SON cheval à elle », comme elle disait. C’est en cueillant des fraises et en notant minutieusement dans son petit cahier le nombre de casseaux remplis et vendus qu’elle a réussi, à 11 ans, à amasser assez de sous pour devenir fière propriétaire de sa toute première bête.

« J’ai toujours dit que je voulais reprendre la ferme. Mon père a voulu que j’aille découvrir d’autres métiers, car il savait que la vie d’agriculteur n’était pas facile. Quand j’ai pris ma décision de reprendre les rênes de la ferme à ses côtés à l’âge de 20 ans, il l’a bien accueillie, car il savait qu’elle avait été réfléchie », explique l’agricultrice, aujourd’hui copropriétaire de la Ferme Cormier à l’Assomption.

Il faut dire que Josiane, qui a un profil d’agricultrice plutôt particulier, aurait eu des dizaines de raisons de tout abandonner. Maman monoparentale de deux jeunes enfants, Charles-Étienne 3 ans et Floriane 5 ans, elle surmonte au quotidien une tonne de défis !

« C’est toute une gestion ! Mais quand je vois mes enfants se promener sur la ferme, au kiosque et en tracteur et qu’on prend le temps de déjeuner en famille dans le champ, j’apprécie la chance que l’on a », raconte la jeune maman.

Celle qui se souvient avoir vécu le bonheur de croquer à pleines dents dans une fraise directement au champ voulait que ses enfants, ainsi que les visiteurs qui profitent de l’autocueillette à la Ferme Cormier, puissent aussi le faire sans aucun souci. Elle pratique donc l’agriculture raisonnée. Aucun pesticide n’est pulvérisé en période de récolte.

« Même si la culture de la fraise demande que l’on fasse de très longues journées et qu’on est épuisés à la fin de celles-ci, on est tout de même heureux parce que le bonheur des gens qui viennent nous visiter pendant la saison est contagieux », conclut Josiane qui avant tout, adore transmettre sa passion de la fraise aux gens.

David Côté, le précurseur

Quand David Côté est allé faire son stage, après ses études collégiales, sur une ferme de melon et de fraises dans la région de Guelph en Ontario, il a eu une véritable révélation : sa ferme, il la voulait ainsi. Cette production, qui utilisait déjà la plasticulture à une époque où le procédé était peu présent au Québec et qui embauchait des travailleurs étrangers alors que le programme était à peine naissant dans la Belle Province, s’avérait absolument inspirante !

« Quand je suis allé là-bas, je ne parlais ni anglais ni espagnol », raconte celui qui maîtrise aujourd’hui les deux langues. « J’ai habité et travaillé tout l’été avec les travailleurs mexicains et j’ai particulièrement aimé leur personnalité, leur joie de vivre. J’ai décidé qu’à mon retour chez moi, je voulais en embaucher sur la ferme familiale », ajoute-t-il.

C’est donc en 1997  que «Le Maraîcher André Côté» accueillit ses deux premiers travailleurs étrangers à Saint-Paul-d’Abbotsford. En 2017, une cinquantaine d’entre eux travaillent et vivent à la ferme pour aider à la cueillette des fraises. Certains y reviennent depuis plusieurs années et ont tissé des liens d’amitié avec le producteur.

« On participe au tournoi de soccer de la municipalité. On est très fiers d’être 4 fois champions », s’exclame David qui tenait à ce que ses employés puissent faire du sport question de socialiser, eux qui quittent bien souvent leur famille toute la saison pour venir cueillir des fraises.

Si certains s’interrogent sur la pertinence des travailleurs étrangers dans le milieu agricole, le cultivateur insiste sur leur incroyable apport à l’agriculture québécoise : « On a besoin d’eux pour assurer la survie de l’agriculture locale », affirme-t-il.

Alors que ses fraises s’avèrent particulièrement grosses, gorgées de jus et sucrées cette année, David Côté ressent une immense fierté : « Quand on voit des fruits à leur apogée, une équipe dynamique qui les cueille dans les champs, on ne peut faire autrement qu’être fiers  et satisfait de tout le travail accompli », conclut-il.

par Virginie Drouin-Raymond et Catherine Chantal-Boivin (CARDEX Productions)

Juillet 201

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