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La petite histoire coquine des fraises et des framboises

Par Bernard Lavallée, nutritionniste et blogueur (nutritionnisteurbain.ca)

*Avertissement : le texte qui suit s’adresse à un auditoire mûr*

Êtes-vous tombés, vous aussi, sous le charme des Fraîches du Québec? Les framboises et les fraises font sans aucun doute partie de la vie de beaucoup de Québécois. Dès le moment où ces petits fruits commencent à rougir, signalant qu’ils sont prêts à être croqués sans retenue, je me fais un devoir d’en ramener le plus souvent possible chez moi. C’est un plaisir estival que j’adore partager avec ceux qui m’entourent.

Avant de vous offrir cette petite bouchée juteuse, parfumée et sucrée, n’allez pas croire qu’elles ont vécu une vie tranquille et rangée. Les Fraîches du Québec ont eu leur part de plaisir dans les champs. Permettez-moi de vous partager cette histoire coquine un bref instant.

Panier-framboises-cueillette

Se rendre irrésistibles

Les fraisiers et les framboisiers n’ont qu’un but dans la vie : faire la cour aux abeilles et aux autres pollinisateurs. Pour se faire, ils se vêtissent de leurs plus beaux atours. Dès le début du printemps, les fleurs du fraisier se développent tranquillement jusqu’au moment où elles se sentent prêtes à accueillir les visiteurs ailés. Les pétales s’ouvrent alors, dénudant ainsi les pistils et les étamines de ces exhibitionnistes bisexuées! Le framboisier, peut-être plus timide, attend habituellement le mois de juin pour joindre la parade du fraisier.

Pollinisation, polygamie et polydrupe

Pour les abeilles, les papillons et les autres insectes pollinisateurs, il est difficile de rester indifférent aux charmes de ces fleurs blanches et jaunes. Et il s’agit certainement d’une bonne chose, car les fraises et les framboises ne sont pas des fruits comme les autres. Un fruit est habituellement composé d’un seul ovaire mature et porte les semences du plant. Les fleurs du fraisier contiennent une multitude d’ovaires, comme celles du framboisier qui peuvent en contenir jusqu’à 160.

La fraise est un faux-fruit. Ce ne sont pas les ovaires, mais plutôt le réceptacle de la fleur qui se gonfle lorsque suffisamment de travailleurs ailés l’ont chatouillée. Polygame, elle nécessite de nombreuses visites –jusqu’à 60 – afin de produire une fraise de belle taille. Les petites graines dont la fraise se pare sont appelées les akènes. Ce sont eux les vrais fruits du fraisier.

La framboise fait partifraises-framboisese des drupes, c’est-à-dire, un fruit charnu contenant un noyau. Pour être plus exacte, la framboise est une polydrupe. La framboise n’aime pas les plaisirs solitaires et préfère plutôt partager ses expériences en groupe. Elle est donc constituée de plusieurs petits fruits contenant chacun un petit noyau. Chaque ovaire fécondé produira une drupe.

Une vie de plaisirs

C’est donc après quelques semaines de ces jeux coquins dans les champs que les framboises et les fraises sont bien rouges et gonflées de jus. Elles attendent alors que des mains expertes ou amatrices viennent tendrement les cueillir, afin de laisser la place aux nouvelles fleurs qui répéteront l’expérience maintes fois encore.

La prochaine fois que vous croquerez dans une Fraîche du Québec mûre à point, soyez assurés que sa courte vie a bien été remplie et pensez aux pollinisateurs qui l’ont fait rougir de bonheur.

Références