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Des femmes, des fraises et des framboises

Traditionnellement, l’agriculture, peu importe le type de production, est un milieu masculin. Bien que la femme ait toujours été présente à la ferme, la majorité devenait agricultrice par la voie du mariage, les relayant à des travaux réalisés dans l’ombre. Mais depuis quelques années, une nouvelle génération de femmes s’impose sur le marché agricole. Elles démontrent qu’elles peuvent elles aussi être cheffe d’entreprise, tout en composant avec des réalités qui leur sont propres. Isabelle Hauver, Sophie Tremblay et Catherine Beaudry sont toutes les trois productrices de fraises et framboises. Elles nous racontent les défis d’être une femme en agriculture, entre autres celui d’être une mère.

Isabelle Hauver : prendre la relève de la ferme familiale

Isabelle Hauver, Fruitière des cantonsIsabelle Hauver a grandi sur une ferme porcine en Estrie qui deviendra plus tard son entreprise en culture maraîchère, La Fruitière des Cantons. Elle raconte que depuis son tout jeune âge, elle préfère être au contact de la nature et carbure aux projets. Si elle a développé sa passion pour l’agriculture, c’est entre autres grâce à son père : « Mon père ne nous a jamais fait sentir à ma sœur et moi qu’il y avait une différence entre un métier de femme et un métier d’homme. Je me suis donc toujours sentie incluse. »

À la suite d’études en Sciences pures à Sherbrooke, elle revient sur la ferme familiale travailler avec son père et son oncle. Puis, les plans se chamboulent pour elle à la venue de son premier enfant. « J’étais déchirée entre le fait de devoir travailler et d’avoir une vie de famille. », raconte-elle. Elle décide de cesser de travailler à la ferme porcine et de se concentrer sur sa vie familiale.

Mais Isabelle a besoin d’avoir des projets pour se sentir comblée et germe en elle l’idée d’avoir sa propre production de fraises et de framboises. Son voisin, chez qui elle adorait aller à la cueillette lorsqu’elle était plus jeune, ferme son entreprise et elle sent le besoin d’en planter elle-même. Elle plante ses premiers 1000 plants de fraises et 1000 de framboises : ce sera le début de son entreprise. Petit à petit, les gens viennent à l’autocueillette chez elle. Face à cet engouement, elle plante de nouvelles cultures et de nouveaux plants chaque année : elle est à l’écoute des besoins des clients. Si bien qu’aujourd’hui, les gens vont à la Fruitière des Cantons située à Shefford pour s’approvisionner en fraises, framboises, bleuets, raisins de table, pommes et autres légumes variés.

Sophie Tremblay : vers une approche éducative de l’agriculture

Pour Sophie Tremblay, l’agriculture est arrivée plus tard dans sa vie. C’est à la suite de sa nouvelle relation avec son conjoint qui est agriculteur qu’elle s’intéresse à ce domaine. Mère et belle-mère de 5 enfants, elle souhaite travailler dans un domaine qui lui permettra d’être près de sa famille. « Je cherchais un travail qui pourrait bien se combiner à ma vie familiale. Mon conjoint m’a parlé de l’AEC au Cégep d’Alma en Exploitation d’un verger nordique. Je me suis dit que j’allais essayer et voir si j’aimais ça. Le verdict : j’ai adoré! »

Elle ouvre donc son entreprise : Le Verger La Bonbonnière à Saint-Gédéon. Elle souhaite que son entreprise opte pour une approche un peu plus différente de l’agriculture. Puisque la cueillette se fait sur rendez-vous seulement, elle prend le temps avec chaque client de parler des différents types de culture, de montrer comment faire une bonne cueillette de petits fruits et, tout simplement, de discuter avec ses clients. « Ici, on ne fait pas que vendre des fruits, on donne aussi de l’amour », dit-elle de bon cœur!

Sophie est curieuse et aime explorer les différents fruits qu’il est possible de cultiver au Québec. On retrouve donc dans son verger des cultures plus connues, comme celles de fraises, des framboises et des bleuets, mais aussi d’autres cultures à découvrir comme l’argousier, la camerise, la gadelle et le kiwi rustique. Pour elle, il est important que les gens qui viennent au Verger La Bonbonnière découvrent toutes les variétés de fruits québécois possibles.

Catherine Beaudry : quitter la ville pour s’installer à la campagne

Catherine Beaudry a grandi à Montréal et travaillait en tant que designer d’intérieur : elle ne se destinait pas à être agricultrice. C’est à la suite de sa rencontre avec Alexandre, son conjoint qui est producteur laitier, que tout a changé. Elle déménage rapidement dans la région de Shawinigan. Au début de leur relation, Catherine conserve son emploi en tant que designer d’intérieur. Mais avec la venue de leur premier enfant, elle quitte son emploi pour s’occuper de sa famille. Bien qu’elle ait en tête de reprendre le travail, elle décide de prioriser l’aspect familial de sa vie.

En étant à la maison, elle aide son conjoint à la ferme. Petit à petit, elle décide de lancer son propre projet : celui de la production de fraises. C’est à ce moment que nait la Ferme Massi à Shawinigan. Catherine aime travailler avec les gens et la culture des fraises lui permet d’exploiter cet aspect grâce à l’autocueillette. Mais le plus important pour elle : cela lui permet d’être près de ses enfants pendant et en dehors de la saison estivale.

Mère et entrepreneure : des défis à conjuguer

Pour ces trois femmes, l’agriculture a répondu à un enjeu important de leur vie : la conciliation travail-famille. Les trois affirment que le travail est une partie importante de leur vie mais qu’elles ne souhaitent pas mettre leur famille de côté pour autant. « Avant toute chose, je veux être une maman présente pour mes enfants. Les fraises, ça me permet de les garder pas trop loin et d’être présente presqu’à tous les autres moments de l’année. », explique Catherine Beaudry de la Ferme Massi.

Pour ces femmes, il n’était pas question d’abandonner complètement tous les projets au profit de leur rôle de mère. Isabelle de la Fruitière des Cantons nous dit d’ailleurs : « J’ai toujours dit à mes filles qu’elles peuvent accomplir les projets qu’elles souhaitent. Je pense donc que de mettre en pratique ce que je leur dis est la meilleure façon de leur faire comprendre qu’elles peuvent atteindre leurs objectifs, quels qu’ils soient! » Ces trois productrices démontrent que l’agriculture est l’un des meilleurs moyens pour pouvoir garder ses enfants près tout en carburant avec leurs projets entrepreneuriaux.

Un modèle d’agriculture à échelle humaine

Ces entrepreneures ont adopté un modèle d’agriculture différent des grands modèles qu’on voit souvent. Elles préfèrent garder de plus petites superficies qui leur permettent un meilleur contact avec les clients. Sophie du Verger La Bonbonnière nous explique d’ailleurs : « J’essaie d’adopter un nouveau modèle où je prends le temps de jaser avec les clients et de leur expliquer plus en profondeur chaque variété de fruit. Je veux faire connaître toutes les belles variétés de fruits qu’on peut faire pousser ici. »

Ce modèle leur permet également d’être plus près de leur famille. Les enfants sont les bienvenus dans le champ pour venir donner un coup de main. Le tout se veut plus convivial et à échelle humaine. Ce nouveau type d’entreprise est plus propre aux femmes. Selon le rapport Les Femmes en agriculture : Cultiver les possibles publié par le Conseil du Statut de la femme en 2019, les femmes auraient plus tendance à adopter des petits modèles d’entreprise où les cultures sont très diversifiées, comme c’est le cas pour nos trois entrepreneures.

Ce modèle d’agriculture prend de plus en plus d’ampleur au Québec et on peut s’attendre à voir d’autres entreprises de ce genre démarrer dans les prochaines années. Sophie, Catherine et Isabelle tracent la voie pour de jeunes femmes qui souhaitent pratiquer une agriculture qui leur ressemble.

N’hésitez pas à leur rendre une visite cet été pour vos réserves de petits fruits ou lors d’une petite expédition dans leur région!

Joignez-vous à la grande famille Les Fraîches du Québec !
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